La disruption dans le secteur de l'assurance
On parle beaucoup ces derniers temps de « disruption dans le secteur de l'assurance » – une notion pour le moins bienvenue dans un secteur qui est resté pratiquement inchangé au cours des 200 dernières années (du moins selon Michael Costonis).
Le secteur de l'assurance est sans aucun doute mûr pour le changement ; il repose encore essentiellement sur la mise en jeu de capitaux face au risque, et la tarification des assurances s'appuie encore en grande partie sur des données historiques, ce qui rend difficile l'élaboration de modèles de tarification pour des produits (par exemple, la cybersécurité) ou des services totalement nouveaux. Pour assurer la pérennité de leur succès, les assureurs doivent se préparer dès maintenant aux forces de disruption qui façonneront le secteur de demain.
Il est inquiétant de lire une récente étude d’Accenture qui révèle que 93 % des directeurs de la stratégie (tous secteurs confondus) s’accordent à dire qu’ils risquent d’être confrontés à des bouleversements d’ici cinq ans – mais que seuls 20 % (!) se sentent parfaitement préparés à y faire face. Dans le secteur de l’assurance IARD, concentrons-nous donc sur les types de bouleversements auxquels nous pouvons nous attendre :
– Nouveaux assureurs (par exemple : Lemonade, Huddle ou Amazon)
– Nouveaux modèles d'assurance (par exemple, entre particuliers et en fonction de l'utilisation)
– Nouveaux processus et modèles de prestation dans le secteur de l'assurance (par exemple, utilisation de drones et adoption de solutions SaaS)
– Nouveaux produits d'assurance (par exemple, la cybersécurité et la couverture des véhicules autonomes)
– Nouvelle tarification des assurances (par exemple, la tarification à l'utilisation)
Nouveaux assureurs
Les nouveaux entrants peuvent constituer une menace pour les acteurs établis sur n'importe quel marché ; dans notre secteur, insurtech tirent parti des technologies de pointe pour se lancer en l'espace de quelques mois. Ces entreprises sont plus agiles et plus rentables que bon nombre d'acteurs historiques, qui sont encore aux prises avec des systèmes obsolètes aussi rigides que du béton armé et dont les coûts d'exploitation s'apparentent à de véritables boulets.
À l’autre extrémité du spectre des nouveaux prestataires, on trouve de grandes entreprises bien établies et prospères, comme Amazon, qui font leur entrée sur le marché. Ces entreprises disposent des moyens financiers, de la notoriété de leur marque et d’une expérience éprouvée pour offrir à leurs clients des services de pointe et hautement personnalisés, ce qui est aujourd’hui plus crucial que jamais, car les clients attendent de leur compagnie d’assurance qu’elle leur offre une expérience similaire à celle à laquelle ils sont habitués avec n’importe quelle autre entreprise en ligne.
Nouveaux modèles d'assurance
Les clients souhaitent des interactions plus simples avec les entreprises avec lesquelles ils traitent, ainsi que des offres adaptées à leurs besoins et à leurs attentes. Ils s’attendent également à ce que leurs assureurs leur proposent d’emblée la solution adaptée à leurs besoins, avant même qu’ils n’aient pris conscience de la nature exacte de ces besoins. Les assurés sont de plus en plus nombreux à attendre que ces solutions soient disponibles à tout moment et en tout lieu. Plusieurs nouveaux acteurs du secteur ont réagi en proposant de nouvelles façons d’envisager le fonctionnement même de l’assurance. Les réseaux d’assurance entre particuliers, par exemple, permettent désormais à des individus de mettre en commun leurs fonds pour couvrir certains biens, formant ainsi un collectif d’investisseurs qui misent sur la sécurité du groupe et de leurs biens.
De plus, les clients exigent de plus en plus des solutions complètes qui estompent les frontières entre l’assurance et d’autres écosystèmes commerciaux. Cela peut constituer à la fois une opportunité et une menace. D’une part, l’écosystème en pleine expansion des entreprises qui s’associent aux assureurs pour proposer ces solutions devrait représenter 30 % du chiffre d’affaires mondial de l’assurance (environ 60 000 milliards de dollars) d’ici 2025. L’assurance automobile à l’usage en est un bon exemple : elle s’appuie sur des fabricants de capteurs et d’émetteurs, ainsi que sur des sociétés d’analyse de données, pour alimenter les modèles de risque et de tarification des assureurs. Si de telles évolutions semblent prometteuses, nous considérons également l’arrivée d’autres acteurs sur le marché de l’assurance comme une menace potentielle, à l’instar des constructeurs de véhicules électriques et autonomes qui proposent eux-mêmes des assurances.
Nouveaux processus et modèles de prestation
Les processus d’assurance traditionnels se sont toujours articulés autour des étapes fonctionnelles fondamentales nécessaires à l’élaboration d’un Devis: interaction avec le client, Souscription, tarification, etc. Cela s’est traditionnellement traduit par des délais de traitement longs pour les demandes et les devis, des retards s’accumulant généralement entre chaque étape. Cependant, les technologies de pointe permettent désormais de regrouper ces processus et de les centrer sur le client : la réponse instantanée est devenue la norme, et ce processus doit être reproductible et disponible 24 h/24, 7 j/7. La rationalisation accrue des processus et l’exploitation des nouvelles technologies, telles que les chatbots et l’intelligence artificielle, vont très bientôt généraliser ce phénomène. Les assureurs qui ne se préparent pas dès maintenant à un avenir davantage centré sur le client se retrouveront dans une situation de réel désavantage.
Les technologies actuelles permettent aux assureurs d’obtenir des informations plus rapidement, plus facilement et à moindre coût que jamais. Les drones ont fait leurs preuves non seulement dans Sinistres lors d’incendies de forêt ou d’inondations, mais aussi pour Souscription ouvrages. L’énorme volume de données issues de l’Internet des objets offre des opportunités considérables. De plus, l’utilisation de systèmes centraux fournis selon un modèle SaaS (Software as a Service) permet de réduire les coûts et d’améliorer l’efficacité des assureurs. Toutes ces pratiques sont encore considérées comme nouvelles dans le secteur, mais d’ici peu, tous les assureurs devront investir dans ces technologies pour rester compétitifs et solvables.
Nouveaux produits d'assurance
Les nouveaux produits, tels que les polices d’assurance dédiées à la cybersécurité et aux véhicules autonomes, posent des défis en matière de modélisation des risques, car les données historiques sur lesquelles s’appuyer sont limitées, voire inexistantes. Face à ces nouveaux risques, les concepts mêmes de « sinistre » et d’« impact » peuvent s’avérer difficiles à définir, à quantifier et à tarifer. Ces remises en cause des modes de pensée traditionnels obligeront les assureurs établis à repenser entièrement leurs stratégies de développement de produits pour rester compétitifs. Parallèlement, d’autres entreprises se concentrent désormais sur des niches spécifiques, telles que la couverture ponctuelle ou d’un seul bien (par exemple, www.insurance4that.com.au). Plutôt que de proposer des polices comme Assurance habitation traditionnelle Assurance habitation la couverture locataire, qui s’appliquent généralement à l’ensemble des biens d’une personne, ces prestataires permettent aux assurés de souscrire une couverture pour un seul bien à la fois. Cette formule peut s’avérer très intéressante pour ceux qui souhaitent couvrir uniquement leurs biens les plus précieux tout en réalisant des économies globales en renonçant à une Police d’assurance plus large.
Nouvelle tarification des assurances
Avec les progrès de l’Internet des objets, on peut également s’attendre à des avancées dans le domaine de l’assurance à la consommation (par exemple, une couverture automatique pour les voyages à l’étranger qui se déclenche lorsque votre téléphone détecte que vous quittez le pays). Une autre possibilité tout à fait concrète réside dans l’application de la télématique en temps réel : ainsi, par exemple, les événements et comportements au volant fourniraient des données permettant aux assureurs d’ajuster instantanément et en continu les primes des assurés. Enfin, Tarification avancées Tarification pourraient offrir aux assurés la possibilité de choisir comment fixer le prix de leur couverture, par exemple :
À faire soi-même
Les clients établiraient leur tarification de A à Z, en choisissant à la carte chaque Police d’assurance de Police d’assurance .
Forfaits simples
À l’instar de ce que font actuellement les assurances santé avec leurs formules Bronze, Silver ou Gold, certains types d’assurances IARD pourraient s’appuyer sur un ensemble limité de variables et être proposés sous forme de « formules » afin de permettre des souscriptions rapides et simples.
Définissez votre prix
Les clients indiqueraient le montant qu'ils souhaitent consacrer à leur assurance, et se verraient proposer différentes formules de couverture. Les garanties essentielles manquantes pour chaque niveau de prix seraient mises en évidence, et les clients pourraient les ajouter à leur contrat s'ils le souhaitent.
Prix « moi aussi »
Les clients indiqueraient leurs principales caractéristiques personnelles (par exemple, l'âge, la situation familiale, la profession, etc.) ou commerciales (type d'entreprise, localisation, taille de l'entreprise, etc.) et obtiendraient des devis correspondant à la couverture la plus couramment choisie par leurs pairs.
Ces facteurs, parmi tant d’autres, sont susceptibles de bouleverser profondément ce secteur, traditionnellement peu enclin au changement. Une chose est sûre : les assureurs qui tireront le meilleur parti de la transformation rapide du secteur de l’assurance IARD et qui réussiront dans un avenir incertain sont ceux qui élaborent dès aujourd’hui des stratégies et réalisent des investissements leur permettant de s’adapter rapidement à un monde caractérisé non pas par la stagnation, mais par des changements rapides et passionnants.
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